Google, Microsoft… Il est bien connu que les plus grosses start-ups ont fait leurs débuts dans des garages. C’est pourquoi Berlin, dont les loyers défient ceux de n’importe quelle capitale occidentale, se transforme actuellement en nid à start-ups : en 2012, la capitale allemande enregistrait 2109 nouvelles entreprises et 173 millions d’euros d’investissement. Depuis, cette tendance a pris de l’ampleur, et Berlin devient LA ville européenne où les jeunes vont tenter leur chance. 

La « Silicon Allee »

Beaucoup d’atouts font de Berlin une ville très attractive pour les jeunes européens voulant fonder une entreprise. Tout d’abord, ses loyers : Berlin est une ville jeune et spacieuse, qui propose donc des prix très attractifs pour les locaux d’entreprises. De la même façon, le coût de la vie est beaucoup moins élevé que dans les autres capitales occidentales. Cela permet aux jeunes de s’installer et de se lancer dans la vie active bien plus facilement qu’ailleurs, mais aussi d’entreprendre en étant plus sûr de soi. 

La Google Factory, l'incubateur à start-ups du géant californien.

La Google Factory, l’incubateur à start-ups du géant californien. Source : www.factoryberlin.com

 

Mais Berlin rime également avec aventure, dynamisme et partage. C’est justement ce que recherchent beaucoup de jeunes européens, faisant de cette ville la destination idéale. Après une année Erasmus lors de leurs études, beaucoup tombent amoureux de la ville, et souhaitent donc y retourner pour faire leur entrée dans le monde du travail. Il est certes agréable de vivre dans une ville qui allie plaisir et travail aussi facilement. Dans les locaux des start-ups berlinoises, souvent en open spaces, il n’est pas rare de trouver des espaces communs assez agréables : si certaines mettent à disposition des tables de baby-foot pour une petite pause ludique, d’autres iront jusqu’à proposer un open bar de bières à partir de 18h. Rafraîchissant. 

Le gouvernement allemand travaille également à l’essor de cette « Silicon Allee » (surnom donné à l’environnement des start-ups berlinoises faisant référence à la Silicon Valley et à Schönhauser Allee, quartier où nombre de ces entreprises sont installées). En effet, outre la forte flexibilité du travail qui existe en Allemagne, plusieurs initiatives ont été engagées ces derniers années afin de permettre le développement du secteur à Berlin. Parmi celles-ci, un projet du cabinet Mc Kinsey pour le sénat allemand, qui propose de reconvertir l’ancien aéroport de Tempelhof en « hub » à start-ups. Le maire de Berlin, Klaus Wowereit, encourage à 100% cette initiative et ajoute qu’ « un endroit symbolique pourrait aider à créer une image de marque pour la scène des start-ups berlinoise ». 

Pour booster et maîtriser cette fourmilière à start-ups qu’est Berlin, de nombreux incubateurs et pépinières y sont implantés : la Factory de Google, la Start-Up Academy… Parmi ceux-ci, Rocket Internet, fondé en 2007 par Marc, Oliver et Alexandre Samwer, trois frères. En lançant des start-ups telles que Zalando ou Jamba, l’entreprise a su se démarquer et devenir un incontournable de la scène internationale dans ce secteur. Nous nous y sommes rendus et avons interrogé Joachim, un stagiaire français dans le département marketing.Rocket, l’incubateur star

La Gazette de Berlin : « Est-il facile d’intégrer Rocket Internet pour un stage en tant qu’étudiant ? Quelle est la politique d’accueil des stagiaires ? »

Joachim : « Cela dépend. Si on est dans une bonne école de commerce, on a plus de facilité car ils regardent les diplômes, et surtout les expériences, donc les expériences en online marketing ou en affiliation et négociation sont valorisées. Moi, comme j’avais déjà fais un stage à Berlin dans ce domaine, c’était plus facile, et mon école aussi était un atout. Ensuite, j’ai eu deux entretiens Skype qui ne m’ont pas paru très difficiles. Je pense que comme ils recherchent beaucoup de stagiaires, c’est assez ouvert et facile d’accès pour les étudiants français et internationaux. Après, nous avons énormément de travail car les stagiaires représentent 90% de l’entreprise, pour seulement 10% de contrats en CDI. Je fais des semaines de dingue, de 60 à 70h, et les heures supp’ ne sont pas rémunérées. »

LGDB : « Comment Rocket se démarque des autres incubateurs présents à Berlin ? Quelles sont ses particularités ? »

Joachim : « La particularité de Rocket c’est un développement très très rapide. Justement par rapport à la question précédente, ils recrutent beaucoup de stagiaires, qui sont donc moins rémunérés que les autres, du coup ils ont plus d’argent à dépenser pour les campagnes. Il y a aussi une bonne quantité d’investissements extérieurs. Il y a donc beaucoup d’argent pour un développement rapide, mais aussi beaucoup de travail à faire rapidement pour les stagiaires. Donc il faut suivre et être concentré 24h/24 pendant très longtemps. Si tu fais une erreur, les managers viennent rapidement te le dire et te remettre en place. Par contre ce développement précipité peut parfois être un défaut et peut être difficile à gérer pour nous. »

LGDB : « Par exemple ? »

Joachim : « Dans la start-up pour laquelle je travaille, il fallait absolument que je lance 200 villes sur le marché français, sans pour autant que la campagne soit parfaitement en place, il y avait pas mal de bugs avant que j’arrive qu’il fallait que je résolve. Ils m’ont dit qu’on ferait ça après, que l’essentiel était de développer et de lancer les campagnes. Donc j’ai lancé plus de 200 villes en un mois, alors que les campagnes n’étaient pas forcément parfaites. »

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L’open space chez Rocket Internet. Source : www.rocket-internet.de

LGDB : « Quelle est l’ambiance de travail chez Rocket Internet ? »

Joachim : « C’est compliqué, car d’un côté, l’ambiance de travail peut être très dure car on nous met énormément de pression, mais d’un autre côté, il y a aussi beaucoup de jeunes qui viennent de tous les pays, ce qui créé une ambiance assez détendue. Donc il y a des jours où il y a vraiment beaucoup de pression, mais en dehors on rencontre pas mal de gens donc c’est quand même sympa. Dans le département marketing où je travaille, on est en open space, c’est aussi une façon agréable de travailler. »

LGDB : »As-tu déjà eu d’autre expériences dans des start-ups berlinoises ? »

Joachim : « Oui, mais ça n’avait rien à voir ! C’était l’année dernière, j’ai fais un stage dans une petite start-up berlinoise d’impression en ligne, le patron était sympathique et détendu, on jouait même au tennis ensemble ! J’avais des tâches intéressantes, mais pas forcément « assez » de travail. Le matin, je commençais à 10h et je finissais à 18h, alors que maintenant, je commence à 9h et l’heure de départ est variable… (minimum 19h). »

LGDB : « Selon toi, pourquoi Berlin est-elle une ville si attractive pour les start-ups ? »

Joachim : « D’abord, c’est dans la culture berlinoise de créer, donc c’est logique pour les berlinois de rester ici quand ils créent leurs boîtes et pour les allemands en général, de venir à Berlin. En plus, au niveau des loyers, c’est bien moins cher ici, et il y a aussi des étudiants du monde entier. Donc pour les start-ups qui pour la plupart, veulent s’imposer et se développer sur les marchés étrangers, c’est un avantage d’employer des stagiaires internationaux. Enfin, Rocket a aussi attiré un bon nombre de start-ups à Berlin, car ils ont désormais une notoriété très importante à l’étranger et il est plus facile de se développer par le biais d’un incubateur que tout seul. »

LGDB : « Vois-tu des limites à ce que Berlin devienne LA métropole à start-ups? »

Joachim : « Oui, car même si Berlin est une ville très attirante pour démarrer, il est difficile de trouver des gros investissements ici car en Allemagne, l’argent n’est pas à Berlin. Il faut aller dans des villes comme Francfort ou Munich pour trouver les investisseurs, ou alors à l’étranger. Donc quand on est une petite start-up indépendante à Berlin, c’est bien plus difficile. Celle où j’avais fais mon stage l’année dernière par exemple, avait été lancée en 2010, et trois ans après, ils n’avaient toujours que 400 commandes par mois ! Alors que dans celle pour laquelle je travaille actuellement via Rocket, on a lancé le marché allemand en février, et en juin ils avaient déjà 400 commandes par mois… »

« Berlin ist arm aber sexy » (Berlin est pauvre mais sexy), ce célèbre proverbe berlinois peut donc bien décrire l’univers des start-ups dans la capitale allemande. Berlin est un chaudron, une ville pleine d’activité, d’idée, et de créativité. Elle est attirante pour les jeunes, et pour les entrepreneurs dynamiques et motivés. Cependant, Berlin connaît un paradoxe. Aujourd’hui, le taux de chômage y est bien plus élevé que la moyenne nationale (12% en février, contre 7,3% dans l’ensemble du pays à la même période), et la ville n’est pas celle où l’argent coule à flot, mais c’est précisément ce côté pauvre et marginal que les expatriés à Berlin recherchent. Si la ville change, notamment grâce à l’activité des start-ups qui grossissent, et attire une population de plus en plus riche, alors Berlin restera-t-elle so sexy ? Malheureusement, rien n’est moins sûr, et beaucoup de mouvements ont déjà lieu contre la destruction de sites phares à Berlin, tels que le « Yaam », sur lesquels des promoteurs immobiliers investissent.

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Cet article a 12 commentaires

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  2. Früher versuchte ich es, diese Seite zu lesen. In den ersten Tagen machte die mir echt Spaß aber dann irgendwie verlor ich Interesse dran.
    Ich soll wieder versuchen. Diesmal wird es vielleicht anders.

  3. Si une personne veut ouvrir à Berlin une boutique spécialisé dans les produits ayurvédic poudre de plantes , lotions naturelle faite de plantes bio indienne je peut le mettre en contact avec la personne qui fait cela sur Paris et qui marche très bien et c est la seule Boutique à Paris et il serait bien d avoir cette meme boutique à Berlin et comme je cherche à m installer sur Berlin et que je suis un excellent vendeur et je suis passionner de produits ayurvedic je serai ravi de venir à Berlin travaillé dans une boutique de ce genre

    Vous pouvez me contacter via mon email donc si cette idée vous plait je vous garanti que cela va MARCHER car les Allemands adorent les produits ayurvedic qui sont dur à trouver à Berlin et ce concept n existe pas à Berlin , Donc si une personne passionner par le bien etre naturel et les plantes et qui veut une idée d’ouverture de boutique je vous propose cette idée et vous donnez l adresse de la boutique sur Paris afin d avoir des contacts pour faire la meme boutique sur BERLIN

    Donc si une personne à les fonds et cherche une idée d ouverture de boutique celle ci aura succès garanti et je serai votre vendeur dans la boutique je suis passionner MERCI A BIENTOT PEUT ETRE ON S EST JAMAIS TOUT EST POSSIBLE DANS LA VIE

  4. En disant Berlin est pauvre mais sexy c est la phrase typique du mec qui est fénéants qui ne veut rien changer dans sa ville qu il administre , et je trouve cela grave que l ancien Maire de Berlin Monsieur wowereit n a pas fait grand chose pour attiré des entreprises créatrice d’emplois à Berlin avec tout les avantages que comporte la capitale Allemande, à Berlin il faut changer la politique d ouvertures des magasins le week end car le statut de Berlin à changer et cette ville deviens de plus en plus demander par les touristes étranger mais rien est fait pour créer des emplois de masses pour attiré les touristes par exemple en hotellerie accueillir plus de chaine d hotels à Berlin composé d employés de France et d allemagne car les Francais sont nombreux à venir à Berlin , l Avenir de la France se trouve à Berlin aussi car le duo Franco Allemand n est pas exploité à sa juste valeur

  5. Il serait temps que le Maire de Berlin puisse ouvrir la ville de Berlin à la création d’emplois afin d attiré des entreprises pour créer des emplois à BERLIN qui en a besoin très rapidement , par exemple une ville comme Berlin devrait embaucher des gens pour l ouvertures des magasins le dimanche car Berlin est devenu une grande ville touristique et il y a rien de plus embetant d avoir des boutiques fermé dans une ville touristique et Berlin avec ces avantages , elle devrait rentrer dans la course pour rivalisé avec Londres ou Paris , et que le Maire de Berlin doit prendre des mesures sérieuse rapidement et facilité l entree des francais pour travailler à Berlin tout creant des emplois pour les Allemands à Berlin , par exemple en incitant des grandes enseignes Françaises avec des employes ALLEMAND ET FRANCAIS dans la capitale Allemande ce qui permettrait de renforcer encore plus le duo France Allemagne

  6. J’ai du mal à m’enthousiasmer pour ce type de boîtes qui exploitent des stagiaires (déjà plus de la moitié de stagiaires je trouve cela scandaleux, mais alors là…) et envahissent le marché avec des méthodes plus ou moins douteuses. Ce n’est certainement pas ces entreprises – notamment celle créées par Rocket Internet – qui vont rendre le monde meilleure.

    A ce sujet, ZDF a diffusé un reportage éclairant sur l’univers des frères Samwer (Rocket Internet) :
    http://youtu.be/1dpqb2H-snA

  7. Épatant !

  8. Bon article, bien renseigné et bien écrit ! Bravo !

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