À Berlin comme ailleurs en Europe, le 1er-Mai est chômé. Dans la capitale allemande, ce jour férié est symbolisé par la « Walpurgisnacht », littéralement « Nuit de Walpurgis » où les berlinois fêtent la fin de l’hiver avec concerts et jeux pyrotechniques dans les parcs de la ville. Mais impossible de faire l’impasse sur la violence, qui marque chaque année les 1er-Mai berlinois. 

En mai 1987, dans un contexte social particulièrement tendu, Kreuzberg avait été secoué par une violente émeute. Une station de métro et plusieurs magasins et supermarchés avaient alors été incendiés. Depuis, la « tradition » est restée : le 1er-Mai, chaque année, les mouvements autonomes berlinois programment une « manifestation révolutionnaire », en fait une bataille rangée avec la police, le plus souvent dans le quartier de Kreuzberg. En 2009, Berlin a connu une nuit particulièrement violente : plus de 500 policiers avaient alors été blessés et 289 manifestants interpellés. Les années suivantes, les manifestations se sont déroulées dans un calme relatif.

L’édition de l’année 2014 s’annonçait encore une fois tendue. Le 26 avril 2014, des dizaines de manifestants du NPD ont cherché à manifester au départ de Jannowitzbrücke. Plusieurs milliers d’opposants, membres de groupes d’extrême-gauche mais aussi de syndicats comme ver.di ont réussi à bloquer les militants néo-nazis, obligés de se rabattre vers le quartier excentré de Marzahn. Le NPD a donc annoncé annuler son défilé du 1er-Mai initialement prévu dans le quartier populaire de Neukölnn, au sud de Berlin. Un bon point pour les forces de l’ordre qui cherchaient à tout prix à éviter une éventuelle confrontation entre militants d’extrême-droite et militants d’extrême-gauche.

Confrontée à ce contexte tendu, la police allemande a mobilisé plus de 7000 policiers pour encadrer la « manifestation révolutionnaire » édition 2014. La manifestation a débuté par un cortège sauvage dans les rues environnant Kotbusser Tor puis s’est élancée aux environs de 19h de la Lausitzer Platz, à deux pas de Warschauer Str pour rejoindre le siège du SPD. Les slogans, nombreux, étaient majoritairement tournés vers la critique de la nation, du capitalisme et de la police. Le long défilé a été marqué par plusieurs interpellations et s’est peu à peu dispersé dans la soirée. À noter que de violents heurts ont opposé manifestants et policiers à la station de métro d’Hallesches Tor, conduisant ces derniers à faire usage de bombes lacrymogènes et de spray au poivre.

Photos Pierre Bedouelle

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