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L’édifice Martin Gropius Bau accueille de nombreuses expositions d’art à Berlin. Ce soir là, les visiteurs -tout de blanc vêtus- entrent aux alentours de minuit dans l’ancien musée des arts décoratifs. A l’intérieur, la symphonie « Monoton-Silence » d’Yves Klein est interprétée par 80 musiciens et chanteurs. La cour intérieure se transforme peu à peu en un espace de rêve et de vide, entre méditation et contemplation. Une œuvre d’art, l’immense lune noire de Heinz Mack, surplombe et sublime le tout. Au sol, des matelas disposés progressivement forment un cercle harmonieux sur deux rangées. Une légère lumière éclaire les bas-côtés. C’est ici que les visiteurs du soir termineront leur crépuscule et se réveilleront à l’aube, face aux tableaux et œuvres qui les entourent.

Cette idée fascinante trouve son origine dans l’esprit d’Otto Piene, qui est à l’initiative avec Heinz Mack et Günter Uecke du cercle d’artistes nommé ZERO. « Das Publikum müsste die Gelegenheit haben, im Museum zu übernachten, vor Bildern zu schlafen wie aufzuwachen.“

„Le public devait avoir l’opportunité de passer la nuit à l’intérieur du musée, de s’endormir et de se réveiller devant les tableaux.“

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Cette nuit berlinoise au Martin Gropius Bau se veut conforme à la première « exposition d’un soir » le 11 avril 1957 à Düsseldorf, dans l’atelier des artistes. Cet événement est alors considéré comme acte fondateur du groupe avant-gardiste. Parmi eux les adeptes du monochrome Yves Klein, Lucio Fontana, Piero Manzoni et Yayoi Kamasa. C’est au cours de cette méditation artistique que le quatuor décide ses principes fondateurs « ZÉRO est silence. ZÉRO est commencement. ZÉRO est rond. ZÉRO tourne. ZÉRO est la lune. Le soleil est ZÉRO. ZÉRO est blanc. […] ZÉRO est beau. Dynamo. », théorisés en 1963 dans le manifeste Die Neue Idealismus, « Le nouvel idéal ».

 

C’est précisément cette idée de dynamo , de puissance qui anime les salles de l’exposition. La nuit, ponctuée de performances, est au croisement de différentes formes d’art qui jouent avec le spectateur et trompent sa perception : tableaux en relief, sculptures mécaniques, installations lumineuses, art cinématique, musique, danse et chant.

 

 

18/06/2015

 

Dara Phitthayaphone & Martin Desbiolles

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